Renouvellement de flotte vers l’électrique : comment organiser les convoyages de transition ?
Un renouvellement de flotte vers l’électrique génère trois types de mouvements simultanés : les véhicules thermiques à restituer aux loueurs, les nouveaux électriques à réceptionner et à livrer sur plusieurs sites, et les redistributions internes pendant la période de transition.
Pour organiser ces flux sans désorganiser l’activité, il vous faut une stratégie de convoyage dédiée à la transition : cartographier les mouvements avant même les commandes, distinguer les opérations selon leur nature (restitution, livraison, mise en mains), planifier les recharges dans les itinéraires longue distance, puis synchroniser la remise de véhicule avec une vraie prise en main par le conducteur.
Ce que dit la loi : les échéances qui accélèrent la transition
La loi LOM de 2019, complétée par la loi Climat et Résilience de 2021, fixe des obligations de renouvellement contraignantes pour les flottes d’entreprise de plus de 100 véhicules légers (< 3,5 t) :
| Échéance | Quota minimum de véhicules à faibles émissions |
|---|---|
| Depuis le 1er janvier 2024 | 20 % du renouvellement annuel |
| À partir du 1er janvier 2027 | 40 % du renouvellement annuel |
| À partir du 1er janvier 2030 | 70 % du renouvellement annuel |
À compter de 2027, les hybrides rechargeables (PHEV) ne seront plus comptabilisés comme véhicules à faibles émissions. Seuls les 100 % électriques et les véhicules à hydrogène resteront dans la comptabilité verte. Si votre plan de verdissement repose encore sur des PHEV, il est donc urgent de le revoir.
En parallèle, une taxe annuelle incitative (TAI) est entrée en vigueur le 1er mars 2025 : 2 000 € par véhicule manquant pour atteindre les objectifs de verdissement, un montant qui progresse en 2027 puis en 2028, et plafonné à 1 % du chiffre d’affaires.
Pourquoi la transition génère un pic logistique que personne n’anticipe
Un renouvellement de flotte vers l’électrique génère trois types de mouvements de véhicules :
- Les restitutions : les véhicules thermiques en fin de LLD doivent être rendus aux loueurs ou préparés pour revente, parfois sur des sites différents de leur lieu d’utilisation habituel.
- Les livraisons entrantes : les nouveaux véhicules électriques arrivent du constructeur ou du concessionnaire, souvent sans que le conducteur final soit disponible pour les réceptionner.
- Les redistributions internes : dans les grandes flottes multi-sites, certains véhicules thermiques restants doivent être réaffectés pendant la période transitoire, en attendant les livraisons électriques.
Ce triple flux crée un pic de mouvements concentré sur quelques semaines, difficile à absorber avec des ressources internes.
Convoyer des véhicules électriques
Un véhicule électrique en convoyage ne se pilote pas de la même façon qu’un thermique, et improviser peut coûter cher. Les spécificités à anticiper :
- L’autonomie : en convoyage, un véhicule électrique peut être livré avec un niveau de charge bas. Selon le modèle et la distance à parcourir, une recharge intermédiaire peut être nécessaire, ce qui allonge le temps de trajet si elle n’est pas planifiée.
- Les bornes ne sont pas toujours disponibles : sur certains corridors ou en zones moins denses, les bornes rapides peuvent être occupées ou en panne. Un convoyeur non formé peut se retrouver bloqué, avec un véhicule qui ne peut pas atteindre sa destination.
- La gestion du freinage régénératif et des modes de conduite : les véhicules électriques disposent souvent de plusieurs modes (Eco, Sport, One-Pedal…). Un convoyeur qui ignore ces subtilités peut arriver avec une autonomie résiduelle bien inférieure aux prévisions.
- La recharge avant remise : pour une mise en mains professionnelle, le véhicule doit idéalement être remis avec un niveau de charge suffisant pour que le client puisse prendre la route immédiatement. Cela suppose que la logistique de recharge soit intégrée au plan de convoyage.
AdFleet dispose de convoyeurs habitués aux spécificités des véhicules électriques et formés à leur prise en main. Une différence qui évite les mauvaises surprises lors de la livraison.
Comment organiser un convoyage de transition efficace : la méthode en 4 étapes
Étape 1 : Cartographier les flux avant de commander
- Où sont actuellement les véhicules à restituer ?
- Où doivent arriver les nouveaux véhicules (siège, sites régionaux, domicile du collaborateur) ?
- Quand : les dates de livraison constructeur et les dates de fin de LLD coïncident rarement. Identifiez les écarts et prévoyez les solutions de mobilité intermédiaires.
Étape 2 : Distinguer les opérations selon leur nature
| Type de mouvement | Recommandation |
|---|---|
| Restitution LLD (véhicule thermique) | Convoyage standard |
| Livraison VE au siège (parc partagé) | Vérification de la charge et de l’état du véhicule à la remise |
| Livraison VE au domicile du collaborateur | Mise en mains avec explication des fonctionnalités |
| Redistribution multi-sites | Logistique coordonnée, potentiellement groupée |
La mise en mains est particulièrement utile pour les véhicules électriques : l’utilisateur final doit comprendre la recharge, les modes de conduite, et l’autonomie réelle.
Étape 3 : Planifier les recharges dans les itinéraires longue distance
Pour des convoyages au-delà de 200-250 km avec un véhicule électrique, la recharge intermédiaire doit être planifiée.
- Identifier les bornes rapides (50 kW minimum, idéalement 100-150 kW) sur le trajet.
- Prévoir une marge de 15 à 20 % d’autonomie résiduelle à l’arrivée.
- Adapter les horaires de départ pour éviter les pics d’utilisation sur les bornes des grands axes.
Un convoyeur non préparé sur ces points rallonge la durée de livraison, peut se retrouver en rupture d’énergie, et donne une mauvaise image au moment de la remise.
Étape 4 : Synchroniser convoyage et remise de clés
La remise d’un véhicule électrique à un collaborateur doit inclure :
- La démonstration de la recharge (câbles, modes, bornes publiques vs domicile)
- L’explication de l’autonomie réelle vs l’autonomie constructeur (souvent 20 à 30 % d’écart en conditions réelles)
- La présentation des fonctionnalités spécifiques au modèle (récupération d’énergie, préchauffage à distance, application constructeur…)
Confier cette étape à un convoyeur formé, en tenue professionnelle, envoie un signal fort à l’utilisateur final : le véhicule électrique est traité comme un actif premium.
Le vrai piège : gérer la transition à l’interne
Beaucoup d’entreprises tentent de gérer ces flux avec leurs propres équipes. Sur une flotte de 20 à 30 véhicules renouvelés simultanément, c’est jouable. Au-delà, les problèmes s’accumulent :
- Couverture assurance incertaine : le véhicule d’entreprise conduit par un salarié dans le cadre d’un convoyage informel peut ne pas être couvert tous risques.
- Traçabilité nulle : sans constat contradictoire à la prise en charge, la moindre rayure devient un litige ouvert avec le loueur.
- Coût caché réel : un trajet aller-retour Paris-Lyon en train + convoyage interne revient souvent plus cher qu’une prestation professionnelle, sans compter l’impact sur la productivité.
AdFleet accompagne les entreprises et les concessions dans le convoyage de véhicules électriques, avec des convoyeurs formés, assurés tous risques et habitués aux contraintes de la mobilité électrique. Demandez un devis pour votre plan de convoyage de transition.