Volkswagen chute en Bourse après sa tricherie aux USA

Le constructeur allemand aurait doté certaines voitures aux Etats-Unis d’un mécanisme permettant de cacher le niveau réel de ses émissions de gaz polluants.Volkswagen encourt de très lourdes amendes. Son PDG s’en est excusé.

L’action du groupe automobile allemand Volkswagen dévissait à la Bourse de Francfort lundi 21 septembre au matin après la révélation vendredi 18 septembre d’une tricherie sur les contrôles antipollution aux Etats-Unis. Le titre a dégringolé de 13% à l’ouverture, et puis vers 10h45 il chutait de plus de 20%, plombant l’indice Dax des trente valeurs vedettes.

Ce sont ainsi quelque 20 milliards d’euros qui sont partis en fumée depuis lundi matin, alors que les baisses de recommandation et commentaires négatifs d’analystes pleuvaient. Pour ceux de la banque WGZ, les révélations des autorités américaines vendredi sur une tricherie aux normes anti-pollution entraînent « une déstabilisation massive » chez Volkswagen du fait des possibles conséquences « financières et dans la direction du groupe ».

Le géant allemand de l’automobile Volkswagen a indiqué qu’il cessait jusqu’à nouvel ordre de commercialiser les modèles diesel quatre cylindres de ses marques VW et Audi aux Etats-Unis.

Un porte-parole a confirmé les informations de presse en ce sens. Les modèles représentaient 23% du total des ventes de la marque Volkswagen en août aux Etats-Unis. De janvier à août, cette marque a vendu près de 240.000 voitures sur le marché américain.

Les autorités américaines ont révélé vendredi 18 une tricherie de grande envergure de Volkswagen: 482.000 véhicules de marque Volkswagen et Audi, construits entre 2009 et 2015 et vendus aux Etats-Unis, ont manifestement été équipés d’un logiciel sophistiqué capable de détecter automatiquement à quel moment ils étaient soumis à un test de mesure anti-pollution des autorités.

Ce petit logiciel espion enclenchait un mécanisme interne de limitation des gaz polluants permettant au véhicule de passer le test sans encombre et de se voir décerner un certificat de bonne conduite écologique. Le reste du temps, la voiture contrevenait aux normes environnementales.

Le patron de Volkswagen a affirmé dimanche « regretter profondément » les malversations, qui suscitaient en Allemagne un énorme scandale.

Ils jugent peu vraisemblable que Volkswagen doive s’acquitter de l’amende maximale encourue – 16 milliards d’euros, soit 30 euros par action – mais il faudra au groupe « plusieurs années avant de regagner la confiance des clients, et ce d’autant plus que le marché américain était difficile pour lui ces derniers temps ». Frank Schwope de NordLB juge que la raclée infligée au titre est « exagérée », en rappelant qu’une baisse de cet ordre est « une rareté » sur le Dax.

Les regrets du PDG de Volkswagen

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Les autres titres du secteur n’étaient pas épargnés, à Francfort comme ailleurs. Sur la place allemande l’équipementier Continental chutait de 4,53% à 183,50 euros, les constructeurs Daimler et BMW de 3,64% à 69,65 euros et 2,95% à 83,18 euros respectivement. Même chose à Paris où à 11H50, Renault perdait 4,81% à 70,44 euros, Peugeot 3,37% à 15,06 euros, Faurecia 3,82% à 29,95 euros et Valeo 2,22% à 114,55 euros. A Milan l’action Fiat Chrysler lâchait 1,33% à 12,59 euros.

Plusieurs maisons de courtage ont déjà abaissé leur recommandation sur le titre. Et le magazine allemand Manager Magazin rapportait lundi 21 septembre au matin que Volkswagen allait cesser la commercialisation de modèles diesel aux Etats-Unis. Les autorités américaines ont révélé vendredi que Volkswagen aurait doté quelque 482.000 véhicules vendus aux Etats-Unis d’un logiciel sophistiqué capable de détecter automatiquement à quel moment ils étaient soumis à un test de mesure anti-pollution des autorités.

Le PDG de Volkswagen Martin Winterkorn a dit « regretter » dimanche 20 septembre d’avoir « déçu » ses clients après la révélation de soupçons de tricherie aux Etats-Unis destinée à dissimuler le niveau réel des émissions de gaz polluants de certaines voitures. « Je regrette personnellement, et profondément, que nous ayons déçu la confiance de nos clients et du public », a déclaré le patron du constructeur allemand au siège du groupe de Wolfsburg (ouest), promettant de coopérer avec les autorités américaines « pour établir les faits rapidement et de façon transparente ».

« Clairement: Volkswagen ne tolère aucune violation, d’aucune sorte, d’une loi ou d’une norme », a insisté Martin Winterkorn, promettant que le groupe ferait « tout pour regagner pleinement la confiance que tant de gens (lui) accordent » et pour « éviter » que des préjudices ne soient causées. « Ces événements sont pour notre directoire, et pour moi personnellement, de la première importance », a ajouté le patron de Volkswagen.

Logiciel permettant de passer le test sans encombres

Selon les autorités américaines, Volkswagen aurait doté quelque 482.000 véhicules vendus aux Etats-Unis d’un logiciel sophistiqué capable de détecter automatiquement à quel moment ils étaient soumis à un test de mesure anti-pollution des autorités.

Dans ce scénario, ce petit logiciel espion enclenchait – a priori à l’insu des conducteurs – un mécanisme interne de limitation des gaz polluants permettant au véhicule de passer le test sans encombres et de se voir décerner un certificat de bonne conduite écologique.

Toutefois, une fois le test fini, le mécanisme anti-pollution se désactivait et le véhicule libérait alors davantage de gaz polluants, et notamment du dioxyde d’azote ou Nox, lié à de graves maladies respiratoires dont l’asthme.

Cette affaire, révélée vendredi 18 septembre par l’agence environnementale américaine (EPA), n’est pas seulement embarrassante pour l’image jusque-là immaculée du groupe allemand: elle pourrait également se traduire par de très lourdes pénalités financières, pouvant théoriquement atteindre les 18 milliards de dollars.

Les interrogations de l’Allemagne et la Corée du Sud

La Corée du Sud va contrôler les niveaux d’émission de polluants de trois modèles de Volkswagen, a rapporté lundi l’agence Yonhap, après que le constructeur allemand eut été accusé de tricherie sur les contrôles antipollution. Selon des responsables du ministère sud-coréen de l’Environnement cités par Yonhap, ces contrôles auront lieu mi-octobre pour vérifier si une pareille tricherie a été perpétrée sur des Volkswagen vendues sur le marché sud-coréen. Ces contrôles concerneront la Golf, la Jetta et l’Audi A3 Sedan.

De son côté, le gouvernement allemand a réclamé lundi aux constructeurs automobiles des informations lui permettant de vérifier s’il y a eu en Allemagne des tricheries sur les normes antipollution des voitures, telles que celles admises par Volkswagen aux Etats-Unis.

 

Sources: Challenge, AFP