VERS UNE EXPLOSION DU MARCHE DE L’HYBRIDE

Alors que leurs ventes sont en recul par rapport à 2013 (34.465 immatriculation cette année contre 37.661 à la même période l’an passé), les véhicules hybrides, qu’ils soient essence ou diesel, rechargeables ou non, pourraient bien se développer largement en France dans les années à venir.

 

Le marché des véhicules « propres » décolle enfin.

Les conditions pour un décollage du marché semblent enfin réunies : multiplication des nouveaux modèles, chute des prix des batteries, technologies innovantes, soutien massif des pouvoirs publics, etc. Aux Etats-Unis comme en France, les véhicules électriques et hybrides représentent déjà plus de 3% des immatriculations. Mais avant de devenir un marché de masse, plusieurs obstacles devront encore être levés, à commencer par la concurrence grandissante des véhicules thermiques à consommation réduite, les problèmes d’infrastructures de recharge et la réticence persistante d’une partie des acheteurs. Du côté des constructeurs, les stratégies pour conquérir le marché divergent, qu’il s’agisse des technologies privilégiées, des niveaux de gamme, ou encore des modèles de production. Dans ce contexte, quels sont les constructeurs les mieux armés pour s’imposer ? Quelles sont les réelles perspectives du marché d’ici 2020 ? Les acteurs de la filière française sauront-ils profiter de ce décollage ?

Les hybrides contribueront à hauteur de 16% au marché français des VL en 2020, estime une étude de Xerfi. A cette même date, la part des VE ne sera que de 3%.

 

Vers une explosion des ventes d’hybrides

Le marché des véhicules hybrides va croître beaucoup plus vite que celui des véhicules tout électriques. Xerfi vient pour le moins de le rappeler à travers une étude (« Le marché des véhicules électriques et hybrides en France et dans le monde 0 perspectives du marché et du jeu concurrentiel à l’horizon 2020 »). Il y apparaît que la part de marché des véhicules hybrides va passer en France de 2% en 2014 à 16% en 2020, celle des véhicules tout électriques devant progresser de seulement 0,6% en 2014 à 3% en 2020. Xerfi s’attend à ce qu’il y ait 408000 véhicules hybrides et 76500 VE commercialisés en France sur 2020.

 

Une tendance mondiale

La montée en puissance plus rapide du marché de l’hybride par rapport à celui du tout électrique sera tout sauf franco-française. L’étude considère que les hybrides pèseront, avec 7,5 millions de ventes, 7% du marché mondial des VL en 2020, contre seulement 1% pour les VE (1,1 million d’unités vendues). Des évolutions devraient en outre avoir lieu  sur les parts de marché des uns et des autres à l’horizon 2020.

 

Une concurrence accrue

« Même si les précurseurs comme Toyota sur le segment de l’hybride simple, Nissan sur celui de l’électrique ou encore Tesla sur celui du haut de gamme 100% électrique ont encore une longueur d’avance, la concurrence va rapidement s’intensifier », prévient Xerfi. Pour le groupe d’études, sur le marché des véhicules propres, les grands constructeurs devraient conserver une plus place conforme à celle qu’ils occupent sur le marché global. En d’autres termes, Volkswagen devrait faire partie des leaders des véhicules propres en 2020.

 

Une perte de terrain possible pour les groupes Renault et PSA

Les constructeurs français pourraient quant à eux perdre du terrain. « Les groupes Renault et PSA sont clairement en perte de vitesse sur le marché mondial des véhicules propres, explique Xerfi. Quatrième en 2012, puis sixième en 2013, le groupe Renault pourrait ne plus figurer dans les dix premiers constructeurs de véhicules électrifiés rechargeables dès 2014. De son côté, PSA n’a pas rencontré le succès escompté avec l’hybride Diesel et compte abandonner le développement de cette technologie. » Pour revenir dans la course, les deux constructeurs misent sur l’hybride essence rechargeable. « Mais leurs premiers modèles ne seront pas commercialisés avant 2018 », regrette Xerfi.

 

© Sources : Xerfi / AFP / Auto Plus / Le Journal de l’Automobile