Pastille verte: les constructeurs contestent !

Après l’annonce du retour de la pastille verte, les constructeurs dénoncent la discrimination sans fondement dont fait l’objet le diesel de dernière génération.

Après les associations d‘automobilistes hier, ce sont aujourd’hui les constructeurs automobiles qui manifestent leur mécontentement vis-à-vis du projet de pastille verte (appelé « Certificat de qualité de l’air ») présenté par Ségolène Royal, le 2 juin 2015.

Regroupés au sein de leurs associations professionnelles CCFA (Comité des Constructeurs Français d’Automobiles) et CSIAM (Chambre Syndicale Internationale de l’Automobile et du Motocycle), ces derniers contestent en effet « la discrimination faite au diesel Euro 6b (la norme de dépollution la plus sévère, NDLR) qui serait exclu de la pastille n°1, réservée aux seuls véhicules essence (les véhicules diesels les plus récents, à partir de 2011, n’apparaissent en effet qu’au niveau 2 , NDLR) ». Pour eux, « cette exclusion est inacceptable : elle est infondée sur le plan technique et sérieusement contestable sur le plan juridique ».

Même François Hollande soutient le diesel !

Les constructeurs précisent en effet que les moteurs diesels de dernière génération n’émettent pas plus d’émissions polluantes que les moteurs essence, et ce conformément à la réglementation européenne.

Et comme pour enfoncer le clou, ils prennent un malin plaisir à rappeler les propos que François Hollande a tenus le 27 mars dernier lors d’une visite à l’usine PSA Peugeot Citroën de Trémery (Lorraine). Le président de la République avait alors déclaré : « Je veux souligner que les moteurs diesels aussi, les plus récents, sont les plus performants en matière de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre. C’est très important de le dire (…). Nous devons aussi défendre le moteur diesel de haute performance. (…) Les moteurs diesels aussi ont progressé pour limiter les émissions de particules ».

Une exception française

Enfin, les constructeurs rappellent qu’ »aucune ville européenne n’a instauré une telle discrimination entre les normes essence et diesel modernes pour gérer les systèmes de restriction de circulation ». Londres, par exemple, « a décidé de mettre en place, à compter de 2020, la première zone à ultra basse émission d’Europe et les véhicules diesel Euro 6 seront autorisés à y pénétrer gratuitement ».

En guise de conclusion, les professionnels du secteur affirment qu’ils ne pourront atteindre l’objectif européen de 95g de CO2 en 2020 sans le « maintien d’une diffusion significative de véhicules particuliers diesel ». Seront-ils entendus ?