NOx : au tour de Renault d’être pointé du doigt

L’association allemande de protection de l’environnement affirme que le Renault Espace 1.6 dCi enfreint les normes d’émissions d’oxydes d’azote (NOx).
Coup de tonnerre dans le ciel de l’industrie automobile française ! Comme Volkswagen, un constructeur français pourrait aussi avoir triché aux tests antipollution. Du moins si l’on en croit les récents propos de l’association allemande de protection de l’environnement DUH.

Des émissions d’oxydes d’azote 25 fois supérieures à la limité autorisée

Celle-ci vient en effet de déclarer que lors de tests réalisés par l’Université de Berne, les émissions d’oxydes d’azote (NOx) du Renault Espace 1.6 dCi ont atteint un niveau jusqu’à 25 fois supérieur au plafond autorisé par la norme actuelle Euro 6. Toujours selon l’association, ces niveaux d’émissions excessifs ont été mesurés lors de cinq tests distincts de type NEDC (New European Driving Cycle).

Les mesures ont été effectuées en laboratoire selon le protocole de la norme Euro 6 (actuellement en vigueur). Les cycles ont été réalisés sur un banc à rouleaux entrainant 2 roues seulement ou les 4 roues du véhicule. Premier constat, selon le mode d’entrainement des roues, il n’y a pas de différence flagrante comme le cas a été supposé pour les moteurs du groupe Volkswagen.

En revanche, une certitude : sur les 8 cycles NEDC, en vigueur à l’heure actuelle pour la norme d’homologation Euro 6, 5 ont été effectués avec un moteur en température (départ à chaud), les trois autres ayant été réalisés avec un départ moteur froid. Curieux, pour les 4 cycles effectués moteur chaud, les taux de NOx dégagés, explosent : de 1123 à 2061 mg/km de NOx, soit respectivement de 14 à 25 fois la norme Euro 6 actuelle (80 mg/km).

Cependant, pour les cycles effectués à froid, là, les taux de NOx sont très inférieurs à ceux réalisés moteur départ chaud : 235 mg/km de NOx pour l’un, c’est certes encore 3 fois plus que la norme en vigueur, mais on est loin des scores précedemment obtenus. Pourquoi cette dérive par rapport à l’homologation ? Pour l’instant, une seule piste : l’Espace était testé avec les 4 roues tournantes et non 2 comme le fait le test Euro 6.

Quant aux deux autres cycles fait départ à froid, ils montrent des taux de NOx réglementaires voire inférieurs à la requête de la norme avec respectivement 62 et 69 mg/km pour 80 mg/km.

Renault-Espace-diesel-NOx-2

La réponse de Renault

Face à de tels propos, le constructeur français n’a pas tardé à réagir. Via un communiqué, le losange conteste en effet ces conclusions, rappelant que l’Espace, « comme tous ses véhicules commercialisés, respecte les réglementations en vigueur ».

« Les procédures d’essai utilisées par l’Université de Berne ne sont pas toutes conformes à la réglementation européenne et présentent des variations importantes de résultats qui, comme indiqué dans le rapport, nécessitent ‘des mesures complémentaires’ et ne sont donc pas conclusives », déclare Renault.

Rappelons en effet que le taux de NOx « 25 fois supérieur à la norme Euro 6 » a été mesuré durant un test réalisé moteur en température (départ à chaud). Or, le protocole du cycle NEDC (actuellement en vigueur et qui permet l’homologation) implique de se faire avec un « départ moteur froid ».

La marque met cependant « tout en œuvre pour comprendre le détail de ces résultats » et rappelle « qu’en août 2015, l’organisme allemand indépendant ADAC a testé le modèle Espace et publié que ce dernier respectait la norme ». La suite au prochain numéro…

 

Source: Auto Plus