Diesel : la fin de l’avantage fiscal prévue dans cinq ans

Le gouvernement a annoncé une réduction progressive de l’écart de fiscalité entre gazole et essence. Le marché a cinq ans pour s’adapter.

Cinq ans. C’est le délai qu’a fixé mercredi le gouvernement pour sortir du diesel. Ou du moins pour mettre fin à l’écart de fiscalité entre gazole et essence. À l’issue d’une réunion tenue à Matignon en présence de Manuel Valls, Ségolène Royal, Emmanuel Macron et Michel Sapin, l’exécutif a posé «le principe d’un rapprochement en 5 ans entre le prix du gazole et celui de l’essence». Une première en France depuis plus de trente ans, qui intervient dans le contexte de l’affaire Volkswagen. Le constructeur allemand a été accusé par les autorités américaines d’avoir installé un logiciel pour truquer les tests d’émissions d’oxyde d’azote sur 11 millions de voitures. Le scandale a, par ricochet, braqué les projecteurs sur le diesel et ses polluants, bien qu’aucun autre constructeur n’ait été accusé de pratiques similaires.

Concrètement, le gouvernement propose de relever chaque année d’un centime les taxes sur le diesel et d’abaisser d’autant celles sur l’essence. Un jeu qui ne sera pas à somme nulle, puisque les Français consomment cinq fois plus de gazole.«Soucieux de tenir son engagement de ne pas augmenter les impôts, le gouvernement utilisera cette recette pour financer l’allégement de la fiscalité locale des contribuables modestes», précise Matignon.

Totem écologiste

En programmant un ajustement sur cinq ans, le gouvernement donne à l’industrie le temps de s’adapter. «Cinq ans, c’est la durée d’amortissement d’une génération de moteurs», explique un bon connaisseur de l’industrie. Pour les constructeurs français, l’enjeu est en effet important. Le signal envoyé par l’État, au travers de la fiscalité, implique en effet une réorientation de leurs efforts de recherche pour s’adapter à un marché français et européen très diésélisé.

Le gouvernement Valls engage donc l’industrie automobile dans un virage majeur. Il devrait, au passage, marquer quelques points auprès d’une partie de la majorité, très engagée contre le diesel à l’instar d’une Anne Hidalgo qui entend le bannir de la capitale, et des écologistes qui font du combat contre ce carburant un totem. L’affaire VW a, dans ce contexte, enfoncé le clou, en mettant à mal les arguments des constructeurs, dont les dernières générations de modèles sont pourtant équipés de dispositifs de dépollution efficaces.

L’enjeu environnemental demeure entier. Les véhicules diesel, moins gourmands en carburant que les versions essence, sont aussi moins émetteurs de CO2. Il reste à trouver comment atteindre sans eux – ou du moins avec beaucoup moins de vente – les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

 

Source: Le Figaro